Chamath Palihapitiya : Facebook déchire le tissus social

Chamath Palihapitiya dit ressentir une « immense culpabilité ». Au sein de Facebook, il était en charge du développement de l’audience. Il est aujourd’hui le visage d’une vague inédite de critiques : celle d’anciens du réseau social devenus des repentis, qui s’expriment en ce moment-même dans les médias.

 

Un coup de semonce dans le paysage digital

« Je pense que nous avons créé des outils qui déchirent le tissu social ». C’est ainsi que Chamath Palihapitya décrit sa mission, désormais au passé, qui était de faire croître l’audience du réseau social.
La déclaration de Chamath Palihapitya sonne comme un coup de semonce dans le paysage digital. Aujourd’hui, Facebook, ce sont actuellement 2 milliards d’utilisateurs, dont 32 millions en France. Mais tous sont-ils bien conscients de la portée de tels propos ? En ont-ils seulement eu connaissance ?

Si vous suivez l’actualité du numérique, cela peut vous rappeler un article de mai 2016, publié dans Medium intitulé How Technology is Hijacking Your Mind — from a Magician and Google Design Ethicist, autrement dit Comment la technologie pirate votre esprit. Pour ceux qui en auront besoin, voici également le lien en français 😉

Internautes, « vous êtes programmés »

Certes, évoquer les effets néfastes des nouvelles technologies, smartphones et réseaux sociaux en tête, n’est donc pas totalement nouveau, mais chez Facebook, c’est inédit !
Chamath Palihapitya dit pour sa part ressentir une « immense culpabilité ». Comme d’autres avant lui, il explique qu’il a mis ses propres enfants à la diète…numérique !
En effet, il fait partie de ces insiders qui ont connu le coeur du développement d’outils voulus toujours plus performants. Le but : convaincre le cerveau humain de demeurer toujours plus longtemps face aux écrans. Quelle solution pour se protéger de ce qu’il définit comme une « programmation » ? L’ancien cadre de Facebook n’en a aucune à cette heure. Chamath Palihapitya a ainsi exorté les étudiants de la Stanford Graduate School of Business à « décider de [leur] indépendance intellectuelle ».

Plusieurs anciens de Facebook contre la persuasion technologique

Avant Chamath Palihapitya, il y a eu Justin Rosenstein, l’inventeur du bouton « J’aime » qui déclarait en octobre au quotidien britannique The Guardian que « notre esprit peut être piraté ». Après Justin Rosenstein, l’ancien président de Facebook Sean Parker disait au média digital anglophone Axios que « Dieu seul sait ce que cela [Facebook] fait aux cerveaux de nos enfants ».
C’est une véritable tendance : les repentis du réseau social s’expriment. Et ils alertent. Pour Sean Parker, Facebook a industrialisé l' »[exploitation d’]une vulnérabilité dans la psychologie humaine ».
A l’origine de Facebook, il y avait selon l’ancien président une obsession : « consumer au maximum votre temps et votre attention ». Dans cette idée, la clé est le système de récompense-renforcement du cerveau humain. Ce dernier fonctionne notamment sur le principe de la motivation à rester, alimentée par la production de l’hormone dopamine.

Dans les campus de la Silicon Valley, on enseigne d’ores-et-déjà la persuasion technologique, fruit de la recherche en neurosciences, et base des stratégies de persuasions client déployées par les entreprises du cru.
Chamath Palihapitiya n’hésite pas à évoquer l’addiction aux réseaux sociaux…sciemment recherchée par les statégistes de Facebook ? L’ancien chargé de la croissance de l’audience cite les nouvelles fonctionnalités constantes et autres petits détails (« coeurs, j’aime, pouces en l’air ») qui créent « des boucles fonctionnant sur la dopamine », coupant les personnes des « bases de l’interaction sociale ». Autrement dit, être toujours plus au contact de Facebook vous fait oublier comment développer simplement vos relations interpersonnelles…dans la vraie vie !

Internet en conscience

Après les déclarations de Chamath Palihapitiya, la réaction de Facebook ne s’est pas faite attendre. Par communiqué, la société répond que six ans après le départ de ce dernier, elle a pris ses responsabilités quant aux conséquences de ses outils.
C’est la fin de cet article. Vous avez peur ? Désormais, vous savez. Utilisez donc vos réseaux sociaux en conscience, et pensez à déconnecter régulièrement.

 
 

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About Sabrina Kecheroud

Fondatrice de SaKom-unique, agence de communication à Orléans. Communicante (conseil en visibilité/image et en identité de marque, web 2.0, e-réputation, branding digital et offline, etc.) depuis une dizaine d'année, je partage ici avec vous mes infos et mes coups de coeur ou coups de gueule...lorsque j'en ai le temps ;)

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