Ils sont les nettoyeurs du Web : The Cleaners sur Arte+7

Disponible depuis dimanche 26 août, le documentaire de près d’1 heure 30 intitulé « Les nettoyeurs du Web – The Cleaners », sera en ligne jusqu’au lundi 3 septembre sur Arte+7. A voir !

 
Mise à jour – 5 septembre 2018 : Le documentaire n’est désormais plus disponible sur le site d’Arte+7. Il est possible d’en trouver des extraits sur certaines plateformes en ligne, mais pas la version entière, qu’il est peut-être possible de se procurer auprès des producteurs-distributeurs. On vous laisse voir cela 😉
 

Les sentinelles du Web

Vous ne les connaissez pas, et pourtant ils sont bien là. Présents derrière chaque image, chaque compte, supprimés ou validés. Ils sont à la fois les petites mains des grands groupes et les éboueurs de nos contenus. Ce sont les modérateurs.

Hans Block et Moritz Riesewieck, réalisateurs allemands, sont allés à leur rencontre à Manille aux Philippines, là où les grandes entreprises externalisent ce que l’on peut aisément considérer comme un sale boulot non sans conséquence. A la clé, c’est un documentaire édifiant, mettant à jour, pour sûr, une partie trop peu connue du web.

Mais en quoi consiste le travail de ces « Cleaners » du web ?

Ignorer ou Supprimer

Leurs journées de travail sont a priori simples : visionner aux alentours de 25 000 contenus, peut-être plus, peut-être moins. Ensuite, il faut choisir entre ignorer ces contenus ou les supprimer.
Les ignorer, c’est leur permettre d’être visibles sur la Toile, et donc d’être ensuite partagés, jusqu’à pour certain, ô gloire, faire le buzz.
Les supprimer, c’est « protéger » l’internaute de contenus haineux voire violents jusqu’à l’extrême.
Soumis au secret, ils ne peuvent parler de ce qu’ils voient à longueur de journée sur leurs écrans.

A ce stade, il est important de dire, si ce n’était pas jusqu’ici clair, que ce documentaire peut en partie choquer.

Ces personnes sont employées par des sociétés auxquelles les géants du web comme Facebook et Google externalisent la modération de leurs contenus.
Le reportage suit plusieurs de ces employés à Manille, aux Philippines.

Une mission, et des risques

« Protéger » est en effet un mot qui revient souvent dans les discours de ces sentinelles. L’un d’entre eux, témoignant anonymement, explique qu’il font « le même travail que la police ». Une autre parle de « mission ».

Il est évident que ces éclaireurs du Web, premiers à voir les contenus uploadés sur Internet, prennent des risques. Certes, cela se passe devant un écran. Mais que dire de l’impact et des risques psycho-sociaux potentiels du visionnage continu d’images ultra-violente ? Qu’il s’agisse d’images de groupes terroristes, de pédo-pornographie, d’agressions violentes filmées… les contenus malveillants sont légion.

Variable d’ajustement

Vous l’aurez compris, s’il existe des Nettoyeurs du Web, c’est qu’il faut bien un humain pour faire ce que les algorithmes ne font pas. Car l’Intelligence artificielle a ses manques, et pour ce qui est de l’évaluation des contenus publiables, la variable d’ajustement est celle de l’oeil humain.
Et cela peut poser un certain nombre de questions à la lumière du dicton assez vérifié selon lequel L’erreur est humaine.

Un exemple ?
L’un des modérateurs du reportage, à qui il est donné d’analyser l’image ci-dessous, en fait un récit à la lumière de ce qu’il sait …ou pense savoir. Ainsi affirme-t-il que le prisonnier ci-à droite, est torturé selon une technique de l’Etat islamique, dont un soldat se tiendrait sur la gauche de la photo. Or, cette image ressemble davantage fort à celles qui ont fait scandale en 2003 en ayant rendu public les sévices exercés par l’armée américaine sur les prisonniers irakiens de la prison d’Abou Ghraïb. Bien avant ISIS.

Parce que rien n’est parfait…

Facebook, pour ne parler que de la société de Mark Zuckerberg, s’est longtemps déchargé des questions d’ordre moral concernant les contenus partagés sur son réseau, pourtant voué à être un web dans le web.
Cependant, les ingénieurs ne peuvent …ignorer tout cela. Comme ils ne peuvent ignorer les questions que tout cela soulève.
Aujourd’hui encore, Facebook est toujours – et de plus en plus – critiqué sur le fait qu’il peut laisser s’exprimer facilement des discours de haine contre lesquels les signalements ne font souvent rien, tout en censurant la vision d’un bout de poitrine féminine.

Le documentaire ne peut apporter toutes les réponses. Il permet néanmoins de prendre la teneur de certaines de ces questions, et surtout de l’énormité du travail que font les nettoyeurs du web. Peu valorisés. Peu nombreux. Nombre d’entre eux quittent ces postes. Non sans avoir été plus ou moins affectés, à un moment ou à un autre de leur « mission ».

Un documentaire que SaKom-unique vous conseille. Il pourra ouvrir vos yeux quant à un certain nombre de problématiques sur lesquels nous tentons régulièrement de vous sensibiliser dans le cadre de nos Ateliers et Formations. Contactez-nous pour en savoir plus 😉


Voici le teaser du documentaire, publié par Arte sur Facebook :
 

 
 

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About Sabrina Kecheroud

Fondatrice de SaKom-unique, agence de communication à Orléans. Communicante (conseil en visibilité/image et en identité de marque, web 2.0, e-réputation, branding digital et offline, etc.) depuis une dizaine d'année, je partage ici avec vous mes infos et mes coups de coeur ou coups de gueule...lorsque j'en ai le temps ;)

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